| Tina
Molin, Autrichienne, 32 ans,
journaliste de la scène berlinoise branchée.

- J'habite Berlin depuis cinq ans, je suis venue
pour raison professionnelle, mon agence a ouvert une branche à
Berlin ; c'est une ville différente des autres villes allemandes.
Normalement, les Allemands n'aiment pas le chaos, ils sont très
organisés, structurés. Les Berlinois sont un peu anarchiques ;
à cause du grand chamboulement occasionné par la chute
du mur, les gens ont pu faire ce qu'ils voulaient. Il y règne
un air de liberté, d'anarchie. Par exemple, s'il n'y a pas
de garderie d'enfants dans ton quartier, tu l'organises toi-même,
les gens prennent des initiatives. C'est la même chose pour
un café, un club ou un jardin, tu retrouves partout cet esprit.
- Qu'est-ce que tu aimes particulièrement
à Berlin ?
- Il y a beaucoup d'espaces vides dans la ville,
soit des terrains en friche ou des bâtiments inhabités
que les gens peuvent occuper pour en faire des clubs, des boîtes,
des galeries d'art ou se lancer dans de petits projets. Au début
c'était des squat, mais maintenant il y a aussi beaucoup
de bâtiments vides qui sont loués temporairement contre
une somme modique, car un bâtiment non habité se dégrade
rapidement ; en allemand, on appelle ça zwischen Nutzung.
Ce qui fait qu'il y a des tas de projets spontanés qui bougent
constamment d'immeuble en immeuble, de quartier en quartier ; ça
crée du mouvement.
- Tu aimes vivre à Berlin ?
- Oui, c'est une ville où tous les rêves
sont possibles. Je connais beaucoup de gens qui sont venus ici pour
raison professionnelle et qui ont commencé à se poser
des questions. Est-ce vraiment la vie que je voulais ? Alors
ils changent leur vie, quittent leur travail, ouvrent un café,
une galerie et ça, c'est l'esprit de Berlin, une ville qui
accepte une autre façon de vivre, même les échecs.
- C'est facile d'être étranger
à Berlin ?
- Je crois qu'être « cool » c'est
plus important que le pays d'où on vient.
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