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Pourquoi d’emblée s’étiqueter
dans une "mouvance", alors qu’on promeut une démarche
radicalement personnelle ?...
Ecrivain en puissance, on l’est tous. La langue est puissance :
elle nous "abouche" au réel, pour prendre le mot
d’Artaud. Mais c’est une puissance qu’il s’agit
d’éveiller, de structurer, de construire.

François
Bon, C'est si dangereux les Ateliers ?
Entretien avec Elisabeth de Closel, 2006.
François Bon participe aussi à http://www.remue.net/,
un super site littéraire avec tout plein de liens.

Assieds-toi où tu es. Livre-moi ce moment.
Ecris sur tout ce qui te traverse en ce moment. Il se peut que tu
commences par « en ce moment » pour, finalement, écrire
sur le gardénia que tu portais à ton mariage, il y
a sept ans. C'est très bien. N'essaye pas de maîtriser
ce qui se passe. Reste attentif à tout ce qui surgit, et
garde la main en mouvement.
Commence à écrire de cette façon
sourde et maladroite qu'ont les animaux de pousser des cris de douleur,
et c'est là que tu trouveras ton intelligence, tes mots,
ta voix.
Le problème, c'est qu'on pense qu'on existe.
On pense que les mots qu'on écrit sont définitifs
et solides et qu'ils nous caractérisent à jamais.
Ce n'est pas vrai. On écrit dans le moment. Chaque minute
on change.

Natalie Goldberg, Les italiques jubilatoires
(Writing down the bones: Freeing The Writer Within, 1986),
Le Souffle d'Or, 2000.

Ecrivez. Tout, n'importe quoi, sur n'importe quel
sujet. Pratiquez toutes les formes : journal, article, note
de lecture de cinq lignes, lettre de rupture ou d'insultes, réglement
de compte ou déclaration d'amour, nouvelles, poèmes,
chapitre 12 d'un roman qui n'existe pas, pastiches, scénarios,
pièces radiophoniques. Plusieurs fois, avec beaucoup d'obstination,
mais aussi pour vous marrer. Inventez. Délirez. Amusez-vous
en écrivant.

Martin
Winckler, médecin et écrivain, auteur
entre autres de La maladie de Sachs, P.O.L, 1998, (Livre
Inter 1998)

Ecrire en atelier, monsieur est-ce possible ?
Je sais, il y a écrire et puis écrire pour écrire
des livres,
et puis il y a écrire en atelier.
Est-ce écrire Monsieur ? Peut-on le dire ?
Les mots font leurs chemins
bien souvent derrière la haie
compagnons de l'ombre
ils posent leurs racines
sous la peau s'installent
puis viennent nous envahir
Philippe Vallet
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